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Washington abat un avion syrien dans la province de Raqqa

L’armée syrienne a indiqué qu’un de ses avions avait été abattu dimanche par la coalition internationale menée par les États-Unis. Washington a confirmé l’information, affirmant que l’avion avait tiré sur des combattants soutenus par la coalition.

Un avion de l’armée syrienne a été abattu dimanche 18 juin par la coalition internationale anti-EI dirigée par Washington dans la province de Raqa, dans le nord de la Syrie.

"L’aviation de la coalition internationale a visé cet après-midi un de nos avions de combat dans la région de Resafa, dans le sud de la province de Raqa, alors qu’il menait une mission contre le groupe terroriste État islamique", a indiqué l’armée syrienne, précisant que "l’avion a été abattu et le pilote porté disparu". "Le commandement général de l’armée met en garde contre les graves conséquences de cette agression flagrante sur les efforts visant à lutter contre le terrorisme", a-t-elle ajouté.

Washington a confirmé avoir abattu un avion syrien, affirmant que ce dernier avait tiré sur des combattants soutenus par les États-Unis, au sud-ouest de Raqa. "À 18 h 43 (17 h 43 GMT), un avion syrien de type SU-22 a largué des bombes près de combattants soutenus par la coalition au sud de Tabqa, et en vertu de nos règles d’engagement et de la légitime défense qui prévaut au sein de la coalition (anti-EI), il a été immédiatement abattu par un avion américain F/A-18E Super Hornet", a affirmé le commandement de la coalition dans un communiqué.

L’incident constitue une escalade alors que les troupes syriennes se trouvent à la lisière de zones de contrôle de forces soutenues par les Américains dans le nord et le sud de la Syrie.

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L’Iran tire des missiles sur des bases de l’EI en Syrie

Après avoir largement avancé dans le nord, notamment avec la conquête d’Alep, le régime syrien progresse depuis mai dans le centre et le sud du pays, et se dirige dorénavant vers l’est. Il a chassé le groupe État islamique (EI) de plusieurs zones dans la Badiya (désert) et atteint le 9 juin la frontière irakienne, encerclant quasiment des rebelles soutenus par Washington et basés au poste-frontière d’Al-Tanaf. Inquiets, les États-Unis ont déployé dans la foulée des batteries de lance-roquettes multiples.

La tension est encore montée d’un cran avec l’annonce dimanche par l’Iran de tirs de missiles de moyenne portée contre "des bases terroristes" dans la région de Deir Ezzor, essentiellement contrôlée par l’EI dans l’est de la Syrie. Il s’agit selon les médias iraniens des premiers tirs en 30 ans – depuis la guerre Iran-Irak (1980-88) – de missiles de l’Iran hors de son territoire.

L’armée syrienne avait progressé ces dernières heures et était arrivée aux portes de Resafa, à une quarantaine de km au sud-ouest de la ville de Raqa, principal fief de l’EI en Syrie. Mais l’objectif du régime n’est pas Raqa, que tentent de capturer les FDS, alliance de combattants kurdes et arabes anti-EI. "Le régime veut à travers la province de Raqa parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor", plus à l’est, a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. "Le régime (…) ne veut pas que les forces soutenues par les Américains avancent plus au sud de Raqa", a-t-il ajouté, faisant état d’affrontements tard en soirée entre l’armée et les FDS dans deux villages, à une quarantaine de km au sud de la ville de Raqa. C’est la première fois que les deux forces rivales s’affrontent.

Avec AFP

Première publication : 19/06/2017