la Belgique

A Malmedy: le retour des miroux

On les appelle les bonhommes, les cougnous, les miroux ou parfois les cognolles. A l’approche de la Saint-Nicolas, ces petits personnages en brioche pullulent à nouveau dans les boulangeries wallonnes. A Malmedy, on parle de miroux et la tradition est bien ancrée.

Depuis quelques semaines déjà, ils se vendent comme des petits pains. Les mains dans la pâte, Geoffrey Gilon, le patron de cette boulangerie du centre-ville de Malmedy, façonne les petits bonhommes emmaillotés. Une production qu’il a commencé il y a quelques semaines déjà, à raison d’une centaine de miroux par jour.

La base de la recette est simple: « de la farine, du lait entier et des œufs », énumère le maître boulanger. Le vrombissement de la machine à pétrir se met en route. Il faut patienter. Tradition oblige, pas question de faire dans l’allégé. « Ah oui, c’est nourrissant », confirme le patron en incorporant quelques poignées de sucre perlé. « Un Miroux et un café le matin et c’est parti pour la journée », plaisante-t-il.



Geoffrey Gilon produit une centaine de miroux chaque jour, jusque début janvier. – © RTBF

Des bonhommes pour les enfants sages, un fouet pour les autres

Le mélange est prêt. La pâte prend alors forme sous les mains expertes de Geoffrey Gilon. « Il y a ceux qui sont en forme de bonhommes. Ceux-là étaient déposés dans les souliers des gentils enfants. Et puis il y a aussi ceux en forme de tresse, pour les enfants qui n’ont pas été sages ». Mais la tradition ancestrale a connu quelques adaptations. « Aujourd’hui on ne fait plus que les bonhommes… pour les enfants sages », concède le boulanger. Les Malmédiens pensent connaître l’origine du nom des miroux: un nom qui nous viendrait de Turquie, où en son temps, Saint-Nicolas était évêque, dans la ville de Myre.

Au fil des époques, la recette a sans doute été adaptée et chaque boulanger a aujourd’hui ses petits secrets. Celui de Geoffrey Gilon: laisser à la pâte le temps de reposer et de lever suffisamment longtemps avant la cuisson. Et vu la file qui se forme dans sa boulangerie, sages ou pas, les gourmands semblent séduits.