la Belgique

Accident de Morlanwelz: faux départ pour la commission en l’absence des patrons du rail

On l’apprenait ce mardi soir: les patrons d’Infrabel et de la SNCB, Luc Lallemand et Sophie Dutordoir, n’allaient pas se présenter en commission de l’Infrastructure de la Chambre ce mercredi pour être entendus par les députés à propos de l’accident de train de Morlanwelz. L’auditorat du travail du Hainaut, division de Charleroi, leur a demandé d’observer un devoir de réserve étant donné qu’une enquête judiciaire est en cours.

Autant dire que cela n’a pas laissé les députés indifférents ce mercredi, à l’image de Marco Van Hees (PTB) qui a confié juger « inadmissible cette absence des deux CEO ».

« Un manque de respect pour les cheminots »

« C’est un manque de respect pour la Chambre – ça, c’est secondaire –, mais c’est un manque de respect pour les cheminots et le drame qu’ils ont vécu », a ajouté le député de la gauche radicale.

Laurent Devin (PS), lui aussi, s’interroge: « Comment peut-on évoluer dans la discussion ? », a-t-il lancé, estimant que des détails techniques que les deux patrons pourraient communiquer sont primordiaux pour avancer dans le débat.

Le socialiste rappelle encore que les CEO avaient pourtant la possibilité de « s’exprimer à huis clos » ou « de ne pas répondre à certaines questions ».

Faisant une comparaison avec les auditions des patrons réalisées à la suite de l’accident de Buizingen, Marcel Cheron s’inquiète que le Parlement n’ait pas la possibilité d’interroger Luc Lallemand et Sophie Durtordoir sur la politique de sécurité – « l’enjeu essentiel après le drame que l’on a connu » – et n’ait dès lors pas « la possibilité d’avoir un vrai et approfondi débat ».

Pour Catherine Fonck, cheffe de file du cdH à la Chambre, les députés ne sont « pas ici pour faire l’enquête à la place de la Justice », mais, dit-elle, « il est important d’avoir un exposé factuel sur l’accident ». L’humaniste appelle à ce qu’un « rendez-vous rapide » soit donné à « toutes les parties prenantes concernées », en ce compris les CEO d’Infrabel et de la SNCB.

Contact et report

Face à toutes ces réactions teintées d’incompréhension, la présidente de la commission Karine Lalieux (PS) a proposé de « prendre langue avec l’auditeur du travail pour savoir ce qu’il estime être ce devoir de réserve » et ainsi voir si les patrons ne pourraient pas, malgré tout, prendre la parole devant le Parlement sur certains points.

Suivant la réponse de l’auditeur, Karine Lalieux prendrait ensuite contact avec Luc Lallemand et Sophie Durtordoir, n’excluant pas de les inviter à venir s’exprimer en commission « avant Noël ».

En attendant, la commission Infrastructure devait entendre les syndicats et les ministres en charge du rail et du contrôle de la sécurité ferroviaire, François Bellot (MR) et Denis Ducarme (MR), qui, eux, étaient bien présents ce mercredi.

Mais celles-ci n’auront pas lieu ce jour; MR, CD&V et Open Vld ont demandé un report de ces auditions et les représentants syndicaux eux-mêmes, Luc Piens (CSC Transcom) et Michel Abdissi CGSP (Cheminots), ont indiqué que leur préférence allait vers une audition groupée de tous les acteurs le même jour.

Résultat: l’ensemble des auditions est reporté… tout comme le début des travaux. Des travaux qui, a rappelé la présidente Karine Lalieux, seront organisés en deux temps: d’abord, un « état des lieux sur le dramatique accident de Morlanwelz » et, ensuite, la question de la « sécurité des cheminots dans le cadre de chantiers ».