Politique

Le président roumain refuse de limoger la cheffe du parquet anticorruption

Le président roumain Klaus Iohannis a annoncé lundi avoir refusé de limoger la cheffe du parquet anticorruption (DNA) Laura Codruta Kovesi, dont la révocation était demandée par le gouvernement.

Le président a déclaré qu’il avait rejeté la demande de révocation de Laura Codruta Kovesi présentée par le ministre de la Justice Tudorel Toader, expliquant qu’il n’avait « pas été convaincu par les arguments formulés » par ce dernier.

Image de la Roumanie à l’étranger

Le ministre de la Justice avait entamé en février une procédure de révocation de Laura Codruta Kovesi, l’accusant notamment d’avoir « nui à l’image » de la Roumanie à l’étranger.

Selon la loi, il appartient au président de centre droit Klaus Iohannis de trancher sur le limogeage de Mme Kovesi, mais le ministre de la Justice a annoncé sur Facebook que le gouvernement ferait un recours contre la décision présidentielle devant la cour constitutionnelle.

La magistrate de 44 ans, l’une des figures les plus populaires du pays, est depuis plusieurs mois dans le collimateur du gouvernement social-démocrate, dont elle a critiqué les projets controversés de réforme judiciaire.

108.000 signatures recueillies 

Des milliers de manifestants ont défilé dans les villes du pays pour exprimer leur soutien à Laura Codruta Kovesi, tandis qu’une pétition en ligne demandant au président Iohannis de ne pas la révoquer a recueilli plus de 108.000 signatures.

Au cours des dernières années, le parquet anticorruption a fait traduire en justice des responsables membres ou proches du pouvoir politique.

Fin février, Mme Kovesi avait indiqué que malgré « des attaques sans précédent » de la part du pouvoir politique, le DNA avait renvoyé devant les tribunaux en 2017 un millier de personnes, dont trois ministres, cinq députés et un sénateur.

Le 11 avril, le Conseil de l’Europe a exprimé de « sérieuses préoccupations » concernant le projet de réforme de la justice en Roumanie, estimant qu’il « pourrait avoir un impact négatif sur les efforts de lutte contre la corruption ».