Politique

Les Européens renforcent leur coopération militaire

La défense de l’Union européenne a franchi une étape importante ce lundi. 23 Etats membres se sont engagés à renforcer leur coopération militaire à travers un processus prévu dans le Traité de Lisbonne : la « coopération structurée permanente », mieux connue sous son acronyme anglais, la PESCO. 

Renforcement de l’autonomie stratégique

Le processus de coopération structurée permanente tend à lier plus étroitement les Européens dans le domaine de la défense. L’objectif final est d’avoir les moyens de gérer, de manière autonome, des crises dans le voisinage de l’Union. Avec l’arrivée de Donald Trump, le Brexit et les attentats terroristes, les Européens veulent visiblement renforcer leur autonomie stratégique.

Comment cela fonctionne ? 

La PESCO, telle que prévue dans le traité de Lisbonne en 2007, visait une intégration progressive des défenses nationales pour arriver à terme à une défense commune, un processus qu’on pourrait comparer à la mise en place de la monnaie unique dans l’Union. Les Européens voient cette coopération structurée permanente comme le futur pilier européen de l’Otan.

Des freins européens 

Les engagements annoncés ne semblent pas encore être à la hauteur de l’objectif européen. Il est dit, par exemple, que les Etats participants doivent consacrer au minimum 20% de leur budget de défense aux équipements. Actuellement, ce taux est déjà atteint par la plupart des pays. La PESCO prévoit également de concrétiser une série de projets : il est question de créer un hôpital de campagne européen ou de développer ensemble des équipements comme des avions de transport militaires. Or, les Etats pourront, s’ils le souhaitent, ne participer qu’à un seul programme. 

Enfin, la gouvernance de cette défense commune pose question. En effet, les décisions vont être prises à l’unanimité. Et à 23, voire plus, les risques de blocage sont réels. 

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