la Belgique

Namur 2018 : les paris sont ouverts

Le jeu est très ouvert dans la capitale wallonne avec l’arrivée de deux partis : Défi et surtout le PTB. Il ne présente qu’une seule liste dans la province, à Namur. Sa tête de liste, Thierry Warmoes, s’était déjà présenté en 2012. Il n’avait emporté que 309 voix et n’avait pas été élu. Mais avec la montée actuelle du PTB, il compte emporter au moins un siège, mais espère atteindre trois ou quatre élus.

Ces troublions piqueront donc des voix aux partis traditionnels, surtout à la gauche, le PS en tête. Mais cela n’a pas l’air d’inquiéter outre mesure sa cheffe de fil, Eliane Tillieux. Elle se dit sereine entourée d’une jeune équipe qui a déjà fait ses preuves au conseil communal depuis plusieurs années. La page de l’affaire Sotegec est tournée, elle voudrait prendre sa revanche et rêve de reprendre les rênes de la commune. Or il n’y a pas seulement l’arrivée du PTB mais aussi le départ de plusieurs poids lourds qui vont peser dans la balance socialiste. Valérie Déom et Frédéric Laloux ont carrément quitté la politique. Florence Collard et Christophe Capelle sont allés voir si l’herbe n’était pas plus verte au cdH. Une autre grosse perte pour les socialistes est le départ de Pierre-Yves Dupuis qui siège comme indépendant depuis quatre an. Il avait emporté 2 747 voix de préférence, le deuxième score du PS, directement derrière Eliane Tillieux, et le sixième score tous partis confondus. Ces départs ne vont pas faciliter la tâche des socialistes.

Pierre-Yves Dupuis se tâte

Avec autant de voix de préférence, le médecin généraliste est très demandé. Il a été contacté par beaucoup de monde. Mais il n’a pas encore pris sa décision. Il ne sait pas encore de quel côté son cœur balance. Il hésite même à continuer son aventure politique. En tout cas, on peut compter sur quelques gros appels du pied pour essayer de l’attirer dans son camp.

Deux ministres en moins

Eliane Tillieux et Maxime Prévot ne sont plus ministres, pour des raisons différentes. Eliane Tillieux a été éjectée du gouvernement wallon par son partenaire cdH. C’est de la notoriété en moins. Maxime Prévot l’a choisi. C’est peut-être un plus. Cependant, le coup de poker de Benoît Lutgen pourrait faire perdre quelques plumes au cdH. Mais comme aux communales on vote surtout pour des personnes, Max, comme on l’appelle dans la capitale wallonne, restera certainement champion toute catégorie, surtout avec un score de voix de préférence sans appel : 13 549 voix pour Maxime Prévot, suivi à la deuxième place loin derrière par Eliane Tillieux avec 8 246 voix.

Max a Namur dans les tripes comme il dit. Il espère que le travail accompli ces onze dernières années portera ses fruits et lui permettra de rester la première force. En 2012, le résultat était très serré avec 16 sièges contre 15 pour le PS.

Chez les libéraux, l’échevin Alain Detry a pris sa pensions politique. Bernard Guillitte l’a succédé en cours de route. Mais Anne Barzin est confiante. Un bon travail, de beaux projets, bref un bon bilan qui, espère-t-elle, va aussi se traduire dans les votes. L’arrivée d’une toute nouvelle liste Défi ne la perturbe pas du tout.

Les voix de préférence de Philippe Defeyt, l’ancien président du CPAS, vont manquer aux verts. Il avait emporté le meilleur score avec 1 814 électeurs. Aujourd’hui, il a pris sa retraite politique. C’est Philippe Noël qui le remplace comme président du CPAS. La base l’a choisi comme symbole du  renouvellement. Elle a placé Philippe Noël en tête de liste. Les échevins Arnaud Gavroy et Patricia Grandchamps la poussent. Ce n’est pas une position idéale pour essayer d’empocher des voix. Comme les autres partenaires de la tripartite, les verts espèrent récolter les fruits de leur travail. Ils essayeront de ne pas trop perdre face au PTB et de rester dans la majorité, quelle qu’elle soit.

Et la tripartite ?

L’actuelle tripartite cdH, MR, Ecolo a traversé des récifs mais elle a tenu le cap depuis onze ans. Mais personne n’oserait s’aventurer aujourd’hui et affirmer qu’elle repassera le plat. Avec l’arrivée des nouveaux partis, les cartes vont être rebattues et les coalitions peuvent changer. Un seul parti semble ne pas être digne d’être invité à la table des négociations : le PTB.