la Belgique

86% des députés wallons susceptibles de quitter le parlement wallon en 2018

Ce samedi 14 octobre, nous serons un an très exactement avant les élections communales.

Un scrutin qui amènera de très nombreuses recompositions des conseils et collèges communaux. Mais qui devrait aussi entrainer un jeu de chaises musicales au parlement wallon. La raison : encore et toujours ce fameux décret décumul de 2010, entré en vigueur en 2014, et qui s’appliquera encore plus sévèrement en 2018.

Particularisme wallon

Rappelons le principe, unique en son genre, propre au parlement de Wallonie : actuellement, seuls 25% des députés de chaque groupe politique (les plus forts taux de pénétration, bref les plus populaires dans leur zone, pour faire simple) peuvent cumuler, un mandat de député et un mandat de bourgmestre, échevin ou président de CPAS.

Les autres, jusqu’ici, pouvaient choisir : exercer une fonction, et se déclarer empêchés d’exercer l’autre.

Situation actuelle

La liste des députés autorisés à cumuler a été arrêtée au lendemain du scrutin régional de 2014. Ils sont 17. Mais certains sont entre-temps devenus ministres (Borsus, Crucke, Jeholet, Bellot, Demotte), gouverneur (Jamar) ou ont choisi de décumuler (Magnette). Bref, il reste 10 « cumulards » (terme péjoratif) au sein de l’assemblée wallonne.

Les 65 autres parlementaires soit ont été contraints de décumuler, soit exercent uniquement leur mandat régional.

La fin de la notion d’ »empêchement »

Au lendemain des élections communales de 2018, nouveau tour de vis. Les élus qui ne sont pas autorisés à cumuler devront choisir un seul mandat, mais seront désormais obligés d’abandonner définitivement l’autre. Et beaucoup annoncent déjà qu’ils opteront le cas échéant pour leur commune !

« Si, au soir des élections communales, on constate qu’il y a une véritable volonté de la population de me voir exercer des fonctions dans ma commune, je le ferai », indique Jean-Paul Wahl (MR), bourgmestre en titre de Jodoigne.

« Mon choix est clair : si l’électeur me confirme sa confiance, je démissionnerai du parlement pour réoccuper mon poste de bourgmestre », confirme son homologue de Frameries Jean-Marc Dupont (PS).

Et cette tendance est largement partagée au sein du parlement wallon. Le président André Antoine (cdH) lui-même pourrait se retrouver face à ce dilemme…

Politique fiction

Imaginons que tous les actuels députés wallons se présentent aux prochaines communales. Plus de 86% d’entre eux seraient alors susceptibles de devoir choisir et donc de peut-être abandonner leur mandat régional.

Le parlement régional, et par ricochet celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, seraient alors un peu ou beaucoup remaniés, et pour quelques mois à peine, jusqu’au scrutin régional de mai 2019. Sans parler des suppléants, qui pourraient eux aussi être amenés à opter pour un seul de leurs mandats…

L’application plus stricte de ce décret décumul est donc un des enjeux du scrutin communal.

@RudyHermans