la Belgique

Benoît Cerexhe (cdH): DéFI et sa « tendance à ne pas vouloir quitter le PS »

Les déclarations du président de DéFI Olivier Maingain sur les antennes de la RTBF dimanche soir ne cessent de faire réagir ce lundi matin. Tandis qu’Ecolo se réunissait avant de se prononcer, Benoît Cerexhe, chef de groupe cdH au parlement bruxellois, s’est dit « très étonné » de l’attitude des amarantes.

Je décèle une tendance à ne pas vouloir quitter le PS après tout ce qu’il s’est passé

« Il y a une question qui se pose depuis un mois, à Olivier Maingain et à DéFI : est-ce qu’ils sont enfin prêts à gouverner sans le PS ici à Bruxelles ? Et manifestement, cette réponse n’est pas claire, a déclaré celui qui est aussi bourgmestre de Woluwé-Saint-Pierre. C’est le moins qu’on puisse dire, si ce n’est que je décèle une tendance à ne pas vouloir quitter le PS après tout ce qu’il s’est passé, que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles avec le Samusocial. »

« Manifestement il souhaite continuer dans ce qui a été un système et une opération aussi de prise en main du pouvoir pendant plus de 28 ans du PS, dans cette Région bruxelloise. Nous proposons une alternative, nous avons la volonté de faire autre chose, tant en matière de gouvernance qu’en matière socio-économique, de donner un peu d’oxygène à Bruxelles, de pouvoir développer des projets qui n’ont pas pu être développés à cause de cette chape de plomb qui pesait depuis 28 ans à Bruxelles et, manifestement, Monsieur Maingain n’a pas envie de se prononcer depuis un mois sur cette alternative. »

Une préférence « très clair » pour une majorité avec DéFI

Malgré ce discours critique, Benoît Cerexhe l’assure, la préférence reste, « très clairement », pour une nouvelle majorité avec DéFI. Car, ajoute-t-il, quelle que soit l’entité fédérée concernée, « nous ne souhaitons plus (…) gouverner avec le PS ».

L’humaniste se dit par ailleurs « très étonné » de l’appel du pied d’Olivier Maingain vers Ecolo « pour travailler sur la gouvernance ». C’est pourtant ce que, dit-il, cdH et MR font « maintenant (depuis) plus de 10 jours ».

« Monsieur Maingain était invité autour de la table ; il ne s’est pas présenté. Et, d’autre part, il y verra que ce n’est pas si simple que ça, parce qu’Ecolo s’oppose à la réduction du nombre de mandats de parlementaires à Bruxelles – nous sommes 89. Pour nous, au cdH, c’est beaucoup trop, on pourrait travailler avec une cinquantaine de parlementaires. Ecolo s’oppose à la suppression de l’effet évolutif de la case de tête, à la suppression des suppléants, qui en fait consiste en la mainmise des formations politiques sur l’élaboration des listes, donc il verra que cela va pas être si simple que ça. »

« Nous n’avons pas bloqué les institutions »

Quant à la situation en Wallonie, le chef de groupe cdH au parlement bruxellois estime qu’elle n’est guère « paralysée » comme on peut parfois l’entendre. « Vous l’avez vu : nous n’avons pas bloqué les institutions. Ça fait maintenant quelques semaines que nous avons dit que nous ne faisions plus partie des majorités, mais nous avons continué tout de même à voter un certain nombre de projets. »

À Bruxelles, « nous le ferons également : nous avons deux séances plénières encore d’ici le 21 juillet, ajoute l’humaniste. Nous voterons la régionalisation du bail, nous voterons la dotation générale aux communes… Donc, nous n’avons pas bloqué les institutions, nous voulons simplement travailler sur une autre majorité qui donne un peu d’air à Bruxelles. »

L’interview de Benoît Cerexhe sur La Prem1ère en intégralité