Economie

« Ca coûte cher, une femme délicieuse »: le CSA notifie un grief à Nostalgie pour les pubs de Lidl

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé de notifier à la radio Nostalgie le grief d’avoir diffusé des spots de publicité pour les produits de l’enseigne Lidl qui pourraient porter atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes, indique mardi l’instance de régulation. Son organe décisionnel entendra prochainement la radio avant de confirmer ou non qu’il y a infraction et, le cas échéant, de prononcer une sanction.

« Hé là-bas, vous aimez boire un délicieux cola? « , demande une voix off masculine dans l’un des spots de la campagne en cause qui a fait le plus réagir. « Et une femme délicieuse, vous aimez ça aussi hein? Mais ça coûte cher les femmes délicieuses hein? Elles veulent des belles sacoches. (…) Alors, vous voulez toujours vous payer une femme délicieuse? Si oui, Lidl a pour vous du cola qui va vous laisser assez d’argent pour l’entretenir. »

Entre le 24 février et le 6 mars 2017, le CSA a reçu 13 plaintes relatives à cette campagne, diffusée sur différentes radios clientes de la régie IP et en télévision sur RTL-TVi. Six plaintes concernant Nostalgie ont été jugées recevables, tandis que celles mentionnant RTL-TVi ont été transmises à l’homologue luxembourgeois du CSA, qui les a classées sans suite.

Pas d’infraction pour le Jury d’Ethique Publicitaire

Toutes ces plaintes ont également été transmises au Jury d’éthique publicitaire, l’organe d’autorégulation du secteur de la publicité. Ce dernier a jugé en mars que Lidl n’avait pas dépassé les limites légales et éthiques, car la campagne « ne peut raisonnablement pas être perçue au premier degré par le consommateur moyen » ni « comme véhiculant une image spécifique des femmes et des hommes dans un contexte réaliste ».

Il est vrai que plusieurs déclinaisons ont été diffusées, et que certaines jouent aussi avec les stéréotypes sur les hommes. Mais pour le secrétariat d’instruction du CSA, si le ton des publicités est effectivement humoristique, l’humour « ne doit pas servir à perpétuer les stéréotypes sexistes et les renforcer », estime-t-il, suivant l’avis demandé à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.