la Belgique

Le cdH lance un appel pour mettre en place de nouvelles majorités et évincer le PS

Le président du cdH Benoît Lutgen a déclaré qu’il lance un appel au « MR, à Ecolo et à Défi pour mettre en place de nouvelles majorités positives en Wallonie, à Bruxelles et en FWB. » Et ainsi, évincer le PS. Le cdH se trouve dans la majorité avec le PS depuis 2004 en Wallonie et à Bruxelles. Elio Di Rupo dit prendre acte de cette « trahison ». 

Comme chaque citoyen, je suis dégoûté 

Le cdH a pris cette décision suite aux récentes affaires telles que celle du Samusocial à Bruxelles. « Chaque scandale handicape l’action du gouvernement. (…) Comme chaque citoyen, je suis dégoûté. Les affaires et la soif d’argent de certains élus freinent le développement des régions », a déclaré Benoît Lutgen. »La rupture doit être immédiate », a-t-il martelé à l’issue du bureau du parti.

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Le président du cdH a par ailleurs déclaré qu' »il serait trop facile de déclarer que le parti socialiste détient le monopole des affaires. Beaucoup de membres sont révoltés de ces abus. »  Néanmoins, ajoute-t-il, « force est de constater que le Parti socialiste porte une responsabilité écrasante dans ces affaires. »

« Je lance un appel au MR, à Ecolo et à Défi pour mettre en place des majorités positives », @BenoitLutgen #nouvelespoir

— Le cdH (@lecdh) June 19, 2017

> Les réactions

Via un communiqué, Elio Di Rupo dit prendre acte de cette décision qu’il qualifie de « trahison ». « Face aux difficultés, le cdH a manifestement choisi de déserter », a-t-il souligné. 

Le MR s’est dit disposé à dialoguer sur l’avenir des entités fédérées, a annoncé le président des réformateurs Olivier Chastel. Un bureau du parti sera organisé dès 19h30.

Pour le député PTB Raoul Hedebouw, « diriger avec le MR du Kazakhgate plutôt qu’avec le PS du Samusocial » s’avère « risible », écrit-il sur Twitter.

De son côté, le ministre Bruxellois DéFI Didier Gosuin se dit pas prêt à quitter le gouvernement bruxellois. Pour lui, la démarche du cdH tient plus du calcul politique, du sauve-qui peut, plutôt que de la gestion responsable: « Le cdH veut faire des petites révolutions de palais, or il a aussi sa responsabilité dans Publifin et le MR n’a pas de leçons à donner. »

Le Premier ministre Charles Michel (MR) n’envisage pas de modifier la composition de sa majorité au fédéral: « Nous sommes quatre formations et poursuivrons le travail à quatre. »

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> Quelles majorités alternatives?

L’annonce-surprise ouvre théoriquement une période de négociations entre les partis francophones. Reste à savoir qui prendra la main. 

  • A Bruxelles, PS et cdH étaient partenaires de gouvernement en cartel PS cdH DéFI, s.pa Open VLD et CD&V, ils représentaient une majorité de 52 sièges sur 89 au parlement bruxellois. Sans le cdH, il n’y a plus de majorité: 44 sièges sur 89. 

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En Wallonie et en Fédération, le cdH était en coalition avec le seul PS.

  • En Wallonie, la majorité est à 38 sièges. Si le PS (30 sièges) devait en être exclu, il faut au moins réunir MR et cdH (38 sièges tout juste), voire un troisième parti pour avoir une majorité plus confortable.
  • À la FWB, la majorité est à 48 sièges. MR et cdH seuls sont donc insuffisants (30 + 16).

Bref, si le PS reste au gouvernement wallon et en Fédération sans le cdH, il devra nécessairement s’allier au MR. Bref, la fin du duo PS-cdH rend le MR incontournable en Wallonie et en Fédération. Cette position qui pourrait lui permettre « d’avoir la main » pour nouer les premiers contacts.

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[VIDEO] Décryptage de Johanne Montay

>La déclaration de Benoît Lutgen

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