Politique

Nicolas Sarkozy: « l’Etat doit être la locomotive du Grand Paris »

 

Nicolas Sarkozy et Anne Hidalgo le 27 mai 2017. –
Jean-Francois MONIER / AFP

Alors que des doutes apparaissent sur l’avenir de ce projet qu’il a lancé il y a dix ans quand qu’il était à l’Elysée, l’ancien président de la République insiste sur son importance. 

C’est lui qui a lancé le Grand Paris il y a dix ans alors qu’il était président de la République. Dans un entretien à L’Opinion ce mercredi, Nicolas Sarkozy insiste sur l’importance de ce projet visant à transformer l’agglomération parisienne en une métropole mondiale, alors que des doutes apparaissent sur son avenir. 

« Il n’y a qu’un seul acteur décisif au vu de l’avancée du projet, c’est l’Etat. Pense-t-on qu’un des 234 maires franciliens peut le faire? Que la maire de Paris, qu’un président de conseil départemental ou que la présidente de la région, qui n’a pas toutes les compétences en la matière, peut le faire? Non », affirme l’ancien chef de l’Etat.

« Aujourd’hui, l’Etat doit donc être la locomotive du Grand Paris. Il n’y a pas d’autre solution. Bien sûr, il doit travailler en bonne intelligence et en confiance avec la maire de Paris, Madame (Anne) Hidalgo (…) le président de la métropole, Patrick Ollier, et la présidente de la région, Valérie Pécresse. Mais ce ne sont pas eux seuls qui peuvent aujourd’hui incarner, porter, réfléchir, réaliser le Grand Paris. Ils ont besoin du leadership de l’Etat (…). », martèle Nicolas Sarkozy.

« Quand un pays ne construit plus, il est en déclin »

A la question de savoir à qui il reviendra de gérer la structure, il estime pour l’heure, qu' »il n’est pas sûr qu’il devra être géré par une seule et unique collectivité ». « Le fait métropolitain s’impose partout et le conseil régional n’a pas aujourd’hui toutes les compétences nécessaires. Quelle forme exacte cette métropole aura-t-elle? Je ne sais pas. Et je le dis: poser le problème maintenant ne sert qu’à une seule chose, bloquer le Grand Paris », ajoute-t-il.

A l’origine, ce projet avait l’objectif d’ancrer la capitale française dans le club très fermé des « villes mondes » à l’image de Londres ou New York. « Paris est avec Londres la seule ‘ville monde’. Dans ce contexte, l’absence de chantier structurant était pour moi le signe d’un déclin. (…) Quand un pays bâtit et entreprend, il est en renaissance. Quand il ne construit plus, il est en déclin. C’est comme cela qu’il faut comprendre le Grand Paris », ajoute Nicolas Sarkozy dans cette interview.