la Belgique

Stade national: un dossier pourri à la racine

Bruxelles ne sera pas ville hôte de l’Euro 2020 de football. L’UEFA, l’instance européenne du football, a tranché ce jeudi : Bruxelles sera remplacé par Wembley. Une décision prise suite aux difficultés à construire le fameux stade national.

En 2013, le gouvernement bruxellois entérinait l’idée de faire construire par le privé une arène de 60.000 places sur le parking C du Heysel, à quelques centaines de mètres du Stade Roi Baudouin. Plus de quatre ans plus tard, la première pierre n’a toujours pas été posée.

Une équation quasi impossible

Il faut dire qu’en optant pour le parking C, la Région bruxelloise ne s’est pas facilité la tâche. Accrochez-vous. L’Eurostadium: un projet porté par la Région, à déployer sur un terrain propriété de la ville de Bruxelles, mais qui se situe géographiquement sur le territoire de Grimbergen, en Région flamande.

Pourtant, en juin 2015, l’équation semble proche d’être résolue. C’est un samedi matin: la presse est conviée en grande pompe à l’Hôtel de Ville de Bruxelles. A la table, la Ville, la Région, porteurs du projet; et à leurs côtés, des représentants du promoteur Ghelamco et du Sporting d’Anderlecht qui occupera le stade à l’année. Ça y est, l’accord est scellé: « un accord historique, clame le bourgmestre de l’époque Yvan Mayeur (PS). Pour la première fois dans ce pays, nous allons construire un stade national avec un investisseur privé et un club résident ». Le scénario idéal se dessine pour l’échevin des sports, Alain Courtois (MR): « Nous voulons le match d’ouverture de l’Euro 2020. Nous voulons que les Diables rouges aient leur temple ».

Sentier et gnagnagna

Mais très vite, le dossier se complique. D’abord, face aux réticences du futur locataire, le Sporting d’Anderlecht, refroidi par le loyer demandé: « Anderlecht est au maximum de ce qu’il peut faire. Si on lui demande de prendre encore plus de risques, ce n’est pas possible », dira son président Roger Vanden Stock.

Mais les principales embûches sont administratives et liées à l’emplacement problématique du parking C. Il y a par exemple cette polémique un brin surréaliste atour d’un ancien sentier vicinal qui traverse le parking C. Il n’existe plus que sur plan, mais doit faire l’objet d’une suppression administrative… toujours en cours aujourd’hui.

Au fil du temps, les pelures de banane s’ajoutent les unes aux autres. Les détracteurs du projet s’en délectent, qu’ils soient issus de Flandre, de l’opposition à la Ville ou à la Région bruxelloise. Ce qui fera dire à Alain Courtois: « Moi, j’en ai ras-le-bol des gens qui sont négatifs pemanents. Et gnagnagna, et gnagnagna, et les  » y’a qu’à « , ça suffit maintenant« .  Une sortie mémorable qui résonne comme un symbole: les porteurs du projet n’ont jamais vraiment réussi à fédérer autour de ce stade national.