la Belgique

Charleroi est-elle une ville « gay friendly »?

Divercity, c’est le nom du projet de recherche qui vise à prévenir et combattre l’homophobie et la transphobie dans les petites et moyennes villes européennes. Pour la Belgique, l’ULB a choisi de se focaliser sur Charleroi, car « on avait peu de connaissances et de phénomènes visibles » précise Isabelle Carles, chargée de recherche

Évaluation a été faite de la façon dont la population carolo ressentait la présence des personnes LGBT, comment ces personnes elles-mêmes vivaient au quotidien à Charleroi, ainsi que la politique (ou l’absence de politique) menée au niveau de la ville sur la question LGBT. Les conclusions sont assez claires pour la chercheuse: « Globalement, sans pouvoir être qualifiée de « gay friendly », la ville de Charleroi est plutôt tolérante à l’égard des personnes LGB (Lesbiennes, Gay et Bi); la question qui se pose et qui est plus épineuse est celle des transgenres qui ne se sentent pas du tout à l’aise ni en sécurité dans la ville et qui fait l’objet, non pas d’un rejet, mais de moindre acceptance des personnes lesbiennes et gay. » 

Des solutions

Au départ de ce rapport, plusieurs pistes sont évoquées pour améliorer la situation. Il faut faire un effort en matière de sensibilisation et d’information aux questions transgenres de la ville. Il faut également s’attaquer à l’éducation puisque la période de l’école est souvent douloureuse pour les personnes LGBT, en proposant des formations à destination des élèves, des professeurs mais aussi du personnel qui tourne autour de la jeunesse. Et enfin, « il semble important d’associer davantage des personnes LGBT à la politique de la ville et leur offrir une plus grande visibilité à Charleroi » avance Isabelle Carles. 

En 2018, l’association « Genres Pluriels » devrait ouvrir un centre à Charleroi. Cette association apporte un soutien aux personnes transgenres en leur offrant un accueil ou des conseils. Ces personnes représenteraient 2 à 3% de la population et sont souvent victimes de discrimination.

Max Nisol est fondateur et psychologue au sein de l’association « Genres Pluriels »: « Des discriminations en rue, insultes, voire même violence physique. Discriminations au travail voire même à l’école. On reçoit de plus en plus de jeunes qui sont en décrochage scolaire. Cela pose également des soucis parce que l’école ne les accompagne pas convenablement, refuse d’utiliser leur prénom social (celui qu’il ou elle a choisi). Les personnes ne sont pas informées de l’existence même des personnes transgenres et donc les élèves subissent du harcèlement, voire du racket, des menaces, etc. »

Cette asbl organise des formations à destination du grand public, mais aussi de la police par exemple. Depuis quelques années, les zones de police de Bruxelles suivent ce module et les effets se font déjà sentir. La même formation devrait être dispensée l’an prochain aux forces de l’ordre carolos.